A la lumière de renoir michèle dassas

Qui se cache derrière Le déjeuner des canotiers?

Véritable plongée dans le monde de l’art, de l’impressionnisme et des grands noms qui résonnent encore aujourd’hui dans toutes les galeries : Degas, Manet, Gallimard et l’incontournable Renoir, père du non moins célèbre « le déjeuner des canotiers ».
Pour découvrir l’œuvre du Maître, Michèle Dassas nous introduit auprès de son élève : Jeanne Baudot. Cette jeune fille au talent prometteur fera grâce à son caractère indépendant et à sa ténacité la rencontre de sa vie : Renoir. Elève, muse, amie, les deux comparses s’apprivoisent et s’enrichissent l’un et l’autre, profitant de chaque escapade pour s’adonner à leur passion commune : la peinture.

Biographie romancée, le récit débute par une description détaillée du Paris du 19e siècle. On y croise au hasard d’un trottoir la marchande de violettes, un aristocrate, et enfin Jeanne. 16 ans.

« Les sabots et les roues résonnent sur les pavés de la chaussée, théâtre d’un ballet incessant de voitures à chevaux et de fiacres qui s’écartent devant les omnibus à impériales »

Le voyage en 1893 nous rappelle que la photographie y vit ses premières heures, encore méconnue, un peu boudée par les vrais artistes.

Renoir dira à Jeanne, qui pose pour lui cet après-midi-là :

 

« … la photographie ne rend qu’un motif figé, la peinture lui sera toujours supérieure, en ce qu’elle peut laisser transparaître l’âme, le mouvement, l’invisible… »

 

L’invisible, c’est justement cela qui manque aux grandes œuvres. Au-delà du bonheur de pouvoir les contempler, il manque le plaisir que l’on peut prendre à en découvrir les rouages, l’envers du décor. Grâce au recueil laissé par Jeanne Baudot et dont s’est inspirée Michèle Dassas, il nous est permis de se glisser dans l’atelier du peintre, et d’observer la naissance de son œuvre :

 

 « Ne pas faire d’esquisse au crayon, sinon pour placer les volumes. Attaquer directement la toile au pinceau, une brosse assez forte de préférence, recouvrir toute la toile d’un frottis léger de couleur qui sera la dominante du paysage. Puis, par touches successives, faire sortir les motifs principaux, ordonner les plans, mettre l’accent sur ce qu’on juge le principal, laisser au besoin en l’état d’esquisse certaines parties du tableau, car certaines choses gagnent à demeurer esquissées : il faut donner à rêver. En dernier, la lumière : c’est elle qui déterminera tout. »

Destin de femme

En filigrane, ce récit est aussi le destin aussi singulier qu’exceptionnel de Jeanne. A l’époque, le chemin de vie des femmes, est facilement tracé. Soumission complète à un système patriarcal dominant approuvé et établi. Il était donc convenu que Jeanne bénéficierait d’une instruction digne de sa condition : couture, broderie, musique, … Mais devenir artiste ? Indépendante ? Impensable !
C’est pourtant par la volonté et la persuasion que la jeune femme se donnera les moyens d’obtenir son indépendance et la reconnaissance de son statut.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman car même si je connais Renoir, Degas, et les impressionnistes de manière très basique et scolaire, il y a ici une approche intimiste. En effet, c’est dans le quotidien de l’homme autant que du peintre que nous évoluons au cours de la lecture.
Tout en restant abordable à tout un chacun, cette façon d’aborder l’œuvre dans son contexte sociétal et historique donne vraiment de la consistance dans la découverte artistique de Renoir.

 

Un immense merci aux éditions Ramsay, et à Michèle Dassas pour m’avoir permis ce voyage dans le temps qui me ramène chez moi plus éclairée 😉

 

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