cent jours sans lily aliénor debrocq

Pour lecteurs aguerris ou en quête de bousculade littéraire !

 

« J’ai compris que j’avais trouvé la solution. Ma solution. Ecrire un roman qui ne raconte rien d’autre que le passage des jours sous la forme de cent chapitres de deux mille signes. M’y astreindre quoi qu’il arrive – fatigue, travail en retard ou manque d’inspiration […] Si possible, abolir toute forme d’intrigue ou en tout cas m’en soucier le moins possible. Ne pas rechercher à tout prix le suspense, le drame, l’émotion. »

 

Pari tenu. Techniquement parlant, c’est une réussite. La parfaite illustration de tout ce qu’elle énonce. Et c’est du belge ! Aliénor Debrocq sait surprendre le lecteur. Même si le jeu est annoncé d’emblée, notre cerveau s’attend au schéma classique de lecture de roman. Et bien non ! C’est décousu, non relu donc cela ne constitue pas une histoire suivie, bien que la recherche de Lily soit là, en filigrane. L’important pour l’auteure n’est pas la trame mais le processus, l’astreinte, le procédé littéraire qui l’oblige aux deux milles signes par jour. Il y a beaucoup d’introspection, de pensées, de réflexions sur le monde, et puis sur elle-même aussi. Dans ce roman, on parle aussi de la force de l’amitié, de solitude, de la perte de l’autre,…


On perçoit bien l’envie de tenter une forme d’écriture différente de ce qui se voit déjà dans le paysage littéraire. L’auteure nous permet également de nous immiscer dans la peau et dans le parcours d’un écrivain , devant subir les multiples refus des maisons d’édition tout en continuant à écrire. Car après tout, que pourrait-elle faire d’autre ?  Pour supporter la vie réelle, la vie alimentaire, celle où il faut payer les factures, s’occuper de son enfant, balayer les feuilles mortes quand vient l’automne elle a trouvé son échappatoire.

 

 

« L’écriture était la seule façon de m’échapper, de trouver une faille – rien d’autre que ça. C’était une farce, pas un roman et encore moins un roman ambitieux, certainement pas. »

 

 

L’histoire des Romanov

 

L’histoire se déroule en très très courts chapitres, mais j’ai eu du mal à m’y plonger. N’étant pas une fine connaisseuse de la ville de St Saint-Pétersbourg, j’ai fait l’impasse sur l’évocation insistante des Romanov. Ce roman nous prouve à quel point nous sommes conditionnés à suivre une trame narrative inchangée, quel que soit le genre ou la langue du livre que nous lisons. Ici, l’absence de réelle intrigue, de schéma narratif classique m’a déroutée, presque angoissée.

 

« La plupart s’en moquent éperdument et c’est ainsi, il n’y a rien que je puisse faire pour les gagner à la cause littéraire qui est la mienne : je ne peux qu’ouvrir des portes, tracer des perspectives, communiquer une passion et espérer que le feu sacré prenne chez certains. »

 

Bilan de cette lecture, j’ai apprécié le procédé littéraire novateur qui, je dois bien l’avouer, est déroutant. 

Merci Onlit éditions !  Ce moment de lecture m’a permis de me replonger dans ce délicieux moment que furent Le Printemps du Livre.

Une pensée sur “Cent jours sans Lily – Aliénor Debrocq”

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