crénom baudelaire jean teulé

Charles Baudelaire, punk avant-gardiste?

 

Teulé, on aime ou on ne l’aime pas.
Il en fallait des … pour oser s’attaquer au poète le plus célèbre de la littérature française !
Qui d’autre que Jean Teulé pour oser braver le génie des rayons poésie, en le montrant sous un jour pas forcément glorieux?

En terminale :  » – Faites-moi voir ce que vous avez écrit Charles Baudelaire !  »
« -Non. On ne me lira que quand cela me prendra. »

Cette insolence lui coutera sa scolarité.

Amoureux fou de sa génitrice, il ira jusqu’à la haïr, elle et son nouveau mari, après le décès de son père biologique.
Haine généralisée, dégoût et mépris des femmes, je ne vous livre pas ici de scoop.

Son beau-père a pourtant essayé de le mettre dans le chemin de la bienséance. Sans succès.
Charles est cynique, mordant, aborde la société avec suffisance et mépris, tendant à la provocation.

« je lui avais proposé de choisir le service de l’Etat, civil ou militaire. Mais Monsieur veut devenir poète… »

« Poète? » répondra le collègue du beau-père, interloqué.

Si l’étonnement à l’époque fut unanime, la suite, elle, est bien connue quand à la carrière de Baudelaire !

Ce qui marche ici, c’est la touche Teulé. Qui d’autre aurait pu s’emparer de cette icone de la littérature et de la poésie, gratter le vernis de siècles d’adoration aveugle, et nous proposer
de découvrir l’homme d’avant l’écrivain, la genèse, et de suivre le fil en remontant la main qui tient la plume.
Entre pensées personnelles bien placées « on comprend parfois que son beau-père aie décidé de s’en débarasser jusqu’à sa majorité » et dialogues incisifs, force est de constater que Jean Teulé à excellé dans la représentation de l’infâme et odieux caractère de Charles Baudelaire.
L’œil averti appréciera le placement judicieux de certains poèmes et extraits de l’oeuvre du poète, témoins de la genèse de sa création et l’occasion d’en re parcourir des passages.

Je dois avouer, j’ai souvent rit sous cape, complice un peu gênée de ses réflexions sans doute un peu exagérée parfois pour les besoins du roman.
Mais qu’importe, c’est étonnant, original, instructif aussi. Et puis j’aime bien quand on vient gratter là ou cela brille un peu trop alors que personne ne connaissait l’homme !

« Comme il est doux d’être haï des sots. » Charles Baudelaire.

Un roman qui divise les communautés de lecteurs ?

Oui !
Et violemment encore !
J’avais déjà pu lire de ci de là quelques critiques offusquées, arguant le manque de sincérité de l’auteur qui, je cite « aurait pris des largesses avec l’histoire afin de mieux servir son récit ».
Je m’étais déjà dit qu’il ne serait pas le premier à le faire, et qu’en plus, il ne se revendiquait pas historien mais romancier, ce qui lui offre quand même la liberté de disgresser avec la réalité.
Soit…
Ravie de ma lecture, je poste sur un célèbre réseau social ma chronique raccourcie, exprimant la satisfaction d’avoir passé un bon moment.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir que quelques minutes à peine après ma publication, une personne s’était désabonnée.
Cette personne, libraire de son état, n’a pas daigné réagir à mon questionnement en message privé.
Visiblement, elle était du coté des offusqués …
Ceci m’a toutefois amené à une petite réflexion sur les conséquences de ce genre de lecture.
En vérité, je l’aime encore plus Baudelaire, à l’éclairage de ce roman. J’aime bien son côté suffisant, ses remarques, le mépris de ses répliques, et cet ennui devant l’obligation de cotoyer le commun des mortels. Je me suis sentie spectatrice de ses frasques et j’ai aussi eu envie parfois de lui adresser un clin d’oeil complice et de répondre Vlan, dans les dents !

C’était donc un défi, un de plus, que de s’attaquer au vernis de ce célèbre poète.
Si vous avez lu et aimé Charly 9, du même auteur, vous serez ravi de retrouver la verve et l’incisive plume qui avaient, selon moi, signé le meilleur roman de Jean Teulé.
Pour ma part, ce roman est une belle réussite. Je m’en vais de ce pas relire les oeuvres de Baudelaire avec un œil nouveau !

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