Paris. Un midi ensoleillé.
Deux femmes sont assises à une terrasse.
L’une est parisienne. Ca se voit, dit l’autre. Elle est LE cliché parisien.
L’autre n’est pas parisienne. Et devinez quoi ?  Vous dirait la première… Et bien ca se voit !

C’est sur cette liste de clichés que s’ouvre ce roman à l’humour et au sarcasme délicieux.

Vous faites quoi vous quand vous êtes seul.e à attendre dans un bar ?
Elles, elles inventent une vie à l’autre, aux détails observés, aux manies snobées, et elles enrobent le tout d’une bonne dose de critique. Tout y passe :  le look, les clés, la peau, le prénom supposé, …

Mais au delà de la critique facile, il y a avec le temps qui passe le miroir que nous renvoie l’autre. Nos ratés, nos incertitudes et nos doutes. Elle, là-bas, elle a la chance d’avoir ce que nous n’avons pas. Et dans cette vie fantasmée chaque fêlure est chez l’autre une victoire à envier.

Et si plutôt que de voir les victoires, les obstacles, les rivales que pourraient etre les autres, elles essayaient juste de prendre un moment pour elles ?

Dans ce roman, de la légèreté, du rire, des sourires et souvent des reminiscences de scènes qu’on a deja vécues (que celle qui n’a jamais jugé…). Mais là où il m’a convaincue, c’est que derrière l’étiquette « roman léger » c’est toute la rivalité féminine, et des sujets plutôt difficiles qui sont présentés, avec dérision.

Que reste-t-il d’autre que l’ironie justement pour dénoncer l’immobilisme de toute une rame de métro et un gars tranquillement en train de se masturber dans le dos d’une femme ?

Comment ne pas sourire en avouant qu’on se sent tellement seul dans cette ville immense qu’on s’invente des pénuries de sucre juste pour voir un autre visage que le sien dans l’immeuble où l’on vit ?

L’humour pour les railleries entre filles mais aussi comme arme et comme force pour affronter les hauts et les bas quand la vie dérape.

Bravo Charlotte Gabris pour ce premier roman !

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