Un roman historique, la vie romancée de la première femme avocate de France.

… Si Jeanne était persuadée que ses pairs ne la voyaient pas comme une femme mais comme une camarade d’études, elle continua à respecter scrupuleusement les consignes de ne pas découvrir ses bras, même lors des jours de forte chaleur, afin de ne pas susciter le désir ou de ne pas dévier l’attention des messieurs. Elle devait faire oublier qu’elle était femme.

1892, Jeanne Chauvin termine ses études et est la première femme à réclamer le titre de Docteure en droit à Paris. Le début d’un parcours du combattant pour faire valoir son diplôme. Pour exercer.

– Alors, tu as vu la doctoresse?

– oui, je ne l’imaginais pas comme cela. Je m’attendais à voir une petite femme austère, le visage fermé. Elle m’a fait plutôt bonne impression.

– Eh bien voilà, elle t’a séduit ! Une raison de plus pour ne pas laisser les femmes accéder à cette profession. Aucun procès ne serait plus équitable, puisqu’il suffirait que l’avocate batte des cils pour faire pencher la balance de la justice !

Vous vous doutez qu’à cette époque cela ne sera pas sans embûche. La femme ayant pour devoir premier d’assister son mari et jugée incapable par son sexe de plaider ! De toute façon il n’y a pas matière à débat, la loi le lui interdit…

Sa vie sera celle de la droiture, de la ténacité. Elle fera bouger les lignes, emportant dans son sillage de nombreuses jeunes filles remplies du même rêve. Celui d’aider leurs pairs, d’être leurs voix, leur justice.

Ce roman, richement documenté, est une biographie romancée que j’ai appréciée mais duquel je dirais qu’il manque d’équilibre.

Les amateurs de romance seront déroutés devant la multitude de références à l’histoire dans la première partie, et ceux qui apprécient ces éléments se perdront en route après le premier tiers, le roman basculant dans la vie quotidienne, la quête amoureuse et la vie privée de la célèbre avocate. Ce fut mon cas.

Malheureusement, le déséquilibre nous prive de compassion pour Jeanne Chauvin qui est dépeinte comme une personne déterminée, prête à tout pour son avenir professionnel au mépris de sa vie privée. Alors lorsque le récit nous emporte de l’autre côté du décor, il manque des éléments pour la suivre, vibrer avec elle de sa vie de femme, savourer autre chose que ses combats pour les femmes (ce qui est déjà pas mal me direz vous!)

En conclusion, c’etait une belle lecture, mais qui aurait gagné en puissance avec un meilleur mélange de ses intentions.

Petit + :

Les extraits de journaux d’époque repris en annexe.

Quel est le destin de femme qui vous inspire le plus ?
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