Sarah Biasini, fille de Romy Schneider, publie un premier roman intimiste sur l’importance de la transmission

 

Si j’écrivais ici le nom de ma mère, j’aurais l’impression de parler de quelqu’un d’autre, d’une étrangère. L’appeler « ma mère » il n y a rien de plus beau. Personne à part moi ne peut le faire. Je ne vais pas m’en priver.

 

Pour dire la passion, il suffit de toucher là où cela nous étreint. Dire en peu de mot, faire ressortir l’essentiel. C’est de cette plume intimiste teintée d’un immense respect à l’égard de ces Aimés que Sarah Biasini nous raconte. Sa vie de petite fille, loin des plateaux de tournage. L’amour immense de sa mère, et de Monique, la grand-mère paternelle qui l’a élevée quand Romy Schneider disparait, en 1982. Et puis sa vie en tant que mère. Les craintes. Les espoirs. Et les liens merveilleux qui unissent les Etres.

Ce roman c’est la recherche, le souvenir de la femme derrière l’actrice. Révéler la femme derrière le métier. Son intensité. Sa singularité. Son authenticité. Toute la poudre aux yeux du cinéma ne l’intéresse pas. C’est le prétexte à revoir les traits en mouvement, entendre le son de sa voix. Ce qu’elle y fait n’a pas la moindre importance.

Moi, la chair de sa chair, j’ai intégré sa notoriété depuis belle lurette mais je voudrais toujours qu’elle soit à moi seule. Que personne d’autre ne la regarde, ne la nomme, ne prétende la connaitre, n écrive sur elle ou, pire encore, ne porte le même prénom.

Quand on devient soi-même maman, on se questionne forcément sur l’enfant qu’on a été, qui ne nous quitte jamais. On tente aussi d’avoir des réponses, on fait une liste de ce qu’il ne faut pas oublier, au cas où il nous arriverait quelque chose. Que transmettre qui ne peut l’être que par nous ? Ce réflexe est le cheminement logique de celle qui a du construire sa mémoire dans les dires des autres.

L’importance de la transmission, l’héritage familial sont des valeurs très présentes dans cet ouvrage. Sarah évoque aussi l’importance d’être autre chose que la fille de, que je trouve très présente dans sa relation avec sa fille. Enfin, des sujets qui me parlent quand elle écrit sur le rôle d’héritage des seconds prénoms ou encore de la brièveté de la vie qui doit être vécue à fond.

Tout au long de son histoire, l’autrice évoque les signes, les clins d’œil mystiques qui ramènent sa mère dans sa vie, jusque dans la salle d’accouchement. Pour moi ce roman en est un, de signe. Celui de l’admiration qu’avait ma deuxième maman pour l’actrice. Cette lecture, comme un lien supplémentaire entre nous, pour la beauté du ciel.

J’ai plongé dans les mots de Sarah Biasini sans imaginer la profondeur du sens qu’ils donneraient à mon vécu, à mon existence. Elle m’a tenue par un fil tout au long de ce (trop court) roman, ne me libérant que sur les dernières phrases…  Une lumière au bout du chemin. Un soleil. Un sourire. Un retour à aujourd’hui, plus que jamais vivante.

 

Pour aller plus loin :

Je profite de l’absence de restriction en termes de caractères (pas comme sur Instagram donc) pour ajouter à cette chronique l’ambivalence des sentiments et les contradictions qui m’étreignent après la lecture de ce récit.

A des fins de documentation, j’ai effectué une recherche sur mon moteur de recherche préféré en saisissant Romy Schneider et j’ai du sourire devant les résultats. Excepté un article Wikipédia qui apparait en premier dans les listes, l’ensembles des liens incluant une biographie sont des … tabloïds people ! oui oui, les mêmes que la famille de Romy a vomi, tant ils étaient intrusifs, irrespectueux, voraces comme des chiens enragés alors qu’ils vivaient les deux plus grands drames de leur famille : la mort de David, et quelques temps plus tard, la mort de Romy.

Salie, fantasmée en proie à des démons d’alcools et autres médicaments par la presse avide de scandale, la famille n’a cessé de démentir ce soi-disant suicide qui rendait sa mort « banquable ».
Je dois avouer que je pensais trouver une fondation, un site officiel, que sais-je ? Une fiche biographique sur une plateforme de cinéma ? D’emblée, la discrétion de la famille perdure, pensant peut-être qu’il n’est pas nécessaire de mettre au jour la vie d’une femme que tant de gens pensent déjà connaitre au travers des films, des journaux et plus récemment par le mauvais documentaire tourné sur ses trois jours à Quiberon. 

C’est en cela que le livre de Sarah Biasini m’interpelle et me rend un peu coupable.

Je « connais » l’œuvre de Romy Schneider par l’admiration vantée par une personne de ma famille qui lisait tout ce qui concerne l’actrice. Je me rappelle précisément le jour ou j’ai entendu parler du documentaire réalisé par Emily Atef. La proposition était alléchante : découvrir Romy, qui se livre à cœur ouvert sur sa dépression, la mort de son fils… On y vois des images d’une intensité rare, ou la détresse et la souffrance sont palpables. Je ne sais quelles sont les raisons qui m’ont ensuite détournée de le visionner. Aujourd’hui j’en suis ravie. Car le verdict de Sarah Biasini est sans appel : c’est un torchon, inadmissible, et une pratique vraiment honteuse que celle qui fut celle utilisée lors de l’interview faite de l’interprète mondialement connue de Sissi.

En effet, je suis partagée entre le voyeurisme qui nous habite forcément lorsqu’on se passionne pour un artiste, et la prise de conscience des mots de Sarah Biasini en tant que fille de célébrité.
Bien que je ne sois pas friande de presse à scandale, c’est l’occasion de redire à quel point les mots qu’ils emploient, les mensonges qu’ils débitent sont pénibles et douloureux pour les familles, les enfants, pour l’âme et la réputation des personnes visées.

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