Littérature

Le crépuscule des ronces – Michel Philippo

Merci à Marivole pour sa confiance et pour m’avoir confié ce titre.

Voilà un long moment qu’il était dans ma PAL mais ce livre est celui de l’attention, du moment parfait. Et il fallait savoir l’attendre. Il est enfin arrivé et tout comme notre auteur lorsqu’il retarde l’ouverture de sa précieuse enveloppe, je peux enfin vous en parler.

Ce roman il sort les tripes. Il touche au plus profond de soi.Il bouscule le sentiment dans toute sa diversité mais tout en finesse.
Le « crépuscule » transparaît dans l’écriture, jusque dans l’âme de livre.

 

C’est un roman sur l’Amitié. Celle dont on rêve, celle qu’on espère pouvoir offrir. Mais cette histoire entre l’auteur et son Ami, c’est l’Amour, le vrai, celui qui relie deux êtres comme les morceaux d’un tout. Celle que je vous souhaite à tous. Car elle se passe de mot.


Ce sont pourtant les mots et l’amour de la littérature qui rapprochent ces deux âmes, et l’auteur nous en offre une bouchée en nous considérant, nous lecteurs, comme des êtres intelligents. Et qu’est-ce que cela fait du bien ! Le verbe est beau, poétique, délicat, toujours juste et approprié. Je ne vous cache pas que Mr Philippo m’a un peu surestimé car je ne connaissais pas tous les mots, mais qu’importe après tout. L’important n’est pas (que) la.

L’important c’est le ressenti. Celui de la solitude de l’auteur face au flux des passants qui ne s’arrêtent pas à son stand lors de sa séance de dédicace. Celui des personnages de son roman, Willy et Abigail, en plein constat de couple que plus rien ne rapproche. Celui, las, de son échange avec l’avocat de sa femme. Elle a demandé le divorce. Sa solitude face à l’urgence d’écrire. Celui de son cœur battant à tout rompre pour un regard, une lettre, LA  lettre qui mettra le feu aux poudres et le coup de canif dans le contrat de la bienséance.

Et puis une respiration, à pleins poumons, quand la Vie reprend ses droits pour une ultime désobéissance. Pour la liberté, les rires gratuits, les paysages ennivrants. Vivre à tout prix. Défier la Vieille qui traque et se rappelle sans cesse à eux. Qu’importe. Pour ces frères d’âmes le monde est l’heure !

 

«  Demain au plus tard, il faudra reprendre le chemin. Avancer vers cette liberté à laquelle j’aspire. Passer mon âme et Nathalie par-dessus bord. Une bonne fois ! Pour mieux renaître. Ailleurs. Autrement. Rompre les chaînes. Inventer par la magie du verbe et le pouvoir infini de la poésie, une existence neuve, dépouillée, écorchée, corsetée et brûlante de tous les désirs. Puis franchir, avant une dernière pirouette au monde, les ultimes interdits. »

 

«  Ce qui m’importe dans le roman en cours, qui s’écrit sous mes yeux, c’est de creuser les mots au-delà du visible. Atteindre aux strates enfouies. Profondes. Inavouées. Ramener des abîmes sans grâce, ces petits miroirs dorés et brillants, où les mots nus et fragiles s’accrochent et s’organisent pour tenir salon, disant alors d’insoupçonnables vérités. »

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