Littérature

Le gang des rêves – Luca di Fulvio

« Voilà, maintenant essaie d’imaginer ! fit Nick. Pour le moment ce n’est qu’un morceau de papier blanc. Rien d’autre. Mais sur cette page, toi tu peux inscrire tes mots. Et tes mots vont faire naître un personnage. Un homme, une femme, un enfant… Tu vas attribuer un destin à ce personnage. Gloire, tragédie, succès ou défaite. Ensuite un cinéaste viendra. Ainsi qu’un acteur. Tes mots seront filmés. Et alors, dans une salle perdue de … je ne sais pas, moi – pense un peu à un endroit de merde, au trou du cul du monde-… eh bien, dans cette salle, il y a des gens qui vivront le destin que tu as créé, ils le percevront comme le leur et ils croiront être là, dans ce lieu vrai mais imaginaire qui est sorti d’ici, de cette feuille… »


Luca di Fulvio, d’une main de maître, nous plonge dans le Lower East Side des années 20. Ce pavé de près de 700 pages se vit au ralenti, c’est lui qui dicte les règles et nous ballade d’un destin à l’autre, nous présentant les personnages en tirant le rideau sur des pans de vie. L’ensemble de ses vies croisées tissent la toile d’un chef d’œuvre où l’amour, mais aussi les dures réalités de la vie, le racisme, les gangsters, la prohibition, les conditions sociales nous sont présentées avec réalisme et sans pathos.

C’est un excellent roman, qui reste en mémoire et qui donne envie d’en apprendre plus sur cette tranche de l’Histoire. Bien plus qu’un récit, il ouvre une porte et propose de plonger dans le passé. Luca di Fulvio déroule une fresque, à nous d’en retenir les jalons. Chaque personnage a une étoffe, un bagage à nous transmettre, on fait connaissance, on apprécie, on s’indigne du comportement de certains mais l’auteur nous prouve aussi que chaque personnage est le résultat de ces choix, de la fatalité ou de ces actes et qu’au fond, tout peut changer.

En refermant le livre, j’ai moi aussi prononcé dans ma tête « Bonsoir New-York ! » j’ai vu le rideau s’ouvrir, les lumières s’éclairer et cette histoire s’ancrer en moi pour ne pas l’oublier.

 

Le gang des rêves ne se lit pas, il se vit !

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