Littérature

Le temps des exigences – Jean-Michel Sieklucki

Je remercie l’éditeur Marivole pour m’avoir permis cette découverte.  Je n’avais pas pu résister à ce roman qui aborde l’univers carcéral. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que j’ai déjà lu quelques titres sur le sujet. L’intérêt qui m’a poussée à lire celui-ci est qu’il est vu par le prisme du surveillant pénitenciaire. Et plus précisément de celui de Grégoire, qui vient tout fraîchement d’être admis au concours en très bonne place, et incorporé à la prison de Blois.


Le roman se déroule sur une courte période. Quelques semaines. On y découvre un homme plein de bons sentiments, emprunt d’une âme humaniste et bienveillante vis-à-vis de ceux dont il a la charge.
Premier constat : on ne connaît aucun détenu et les premiers jours sont ceux de la découverte. Grégoire prend le temps du dialogue, et on le sent vraiment concerné par le respect de l’autre.
Malheureusement pour lui, ce qui s’avérait être le job de sa vie va tourner au drame lorsqu’il est pris à partie par des « lieutenants », collègues voyous chargés de perpétuer le business illégal d’un détenu. Petit à petit le piège se referme sur un surveillant bien décidé à ne pas céder à la peur…

Ce roman se lit très très vite. Je n’ai pas pu le poser avant de l’avoir terminé. La machination dont Grégoire est la victime nous garde en haleine. Bien que le personnage ne soit pas hyper charismatique, le récit fait qu’on ne peut s’empêcher de se demander comment va se dénouer le récit. J’ai apprécié le soin mis dans la découverte par la nouvelle recrue de la prison et de ses détenus, j’ai eu l’impression de découvrir moi aussi les rouages de la prison, de manière très immersive. J’ai un peu moins accroché à l’histoire d’amour en filigrane. Mais ce n’est pas ce que je venais chercher dans ce livre donc cela ne m’a pas gâché le plaisir.

Le biais pris par l’auteur est intéressant et complète à merveille mon panorama de littérature de ce genre. Bien qu’il ne regorge pas de détails techniques et reste très en surface, il est agréable à lire et permet aux personnes désireuses de littérature à cheval entre le roman à suspense et le policier d’en tirer tout le plaisir qu’ils en attendent.

 

« Ainsi vivait cette petite fourmilière, reflet de la société des hommes. Le pire et le meilleur s’y cotoyaient. Avec ces règles, ses valeurs, sa morale, ses maîtres et ses valets, ses lions et ses moutons.

Et toujours, comme dehors, la même volonté d’écraser les autres à la moindre occasion. On dit souvent que la prison est l’école du crime. Je crois surtout, au moins pour les surveillants, que c’est une école de la vie. »

 

« Un fabuleux laboratoire où peuvent s’exprimer tout à loisir les différentes facettes de la nature humaine. Les plus sombres comme les plus lumineuses. Où l’on s’aperçoit que, mis en communauté, l’homme n’a de cesse de recréer les règles qui l’ont fait exclure de la société.  Hiérarchisation systématique des rapports humains, intolérance à l’égard de ceux qui ont le tort d’être différents de l’image du délinquant normal. »

 

Là est tout le paradoxe de la prison, mais aussi de l’homme dans sa globalité. Et ce roman l’illustre parfaitement.

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