Littérature

Les gratitudes – Delphine de Vigan

Loin de toute mièvrerie, la réflexion de ce roman est universelle et chacun y trouvera le pincement qui lui est propre. Le mien m’a ancré dans le présent. M’a ôté la carapace de protection. Et m’a fait réfléchir à l’authenticité.

J’ai aimé les sujets secondaires abordés qui interpellent aussi comme l’abnégation de Jérôme, les choix difficiles de Marie, les (mauvaises) Ehpad, la guerre, la résistance, … Ce sont de petits cailloux disséminés au fil de l’histoire. Ils suscitent la réflexion tout en restant dans la trame principale.

Michka est vraiment adorable et l’on ressent autant sa force que sa fragilité. C’est une femme indépendante et déterminée qui a fait carrière dans le journalisme. Position difficile pour une femme à cette époque. On imagine à quel point cette perte subite de contrôle de soi et d’autonomie doit être catastrophique lorsqu’on a son statut et sa culture. Perdre les mots c’est perdre le monde…

J’ai été moins attachée à Marie et Jérôme dans cette relation centrée sur Michk’. Mais malgré tout Delphine de Vigan abat sa dernière carte au tout dernier chapitre et je me suis rendue compte qu’au final je m’y étais quand même pas mal accrochée. Grâce à Michka.

Aucune analyse ou longue chronique n’est nécessaire pour ce roman, car il apparait déjà comme un classique de la littérature, un beaume de tendresse à appliquer sous un plaid avec un bon thé et un carré de chocolat. 

Ce fut pour moi un très beau moment de lecture.

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