Littérature

L’odeur de la colle en pot, Adèle Bréau

Un roman miroir entre la Boum 2 et Génial mes parents divorcent !

Voilà plusieurs jours que j’ai refermé ce livre et je ne sais toujours pas comment aborder cette chronique… C’est ainsi que je réagis aux livres que j ‘ai adoré mais qui se collent à une période particulière de ma vie. Et celle « de la colle en pot », à savoir mon adolescence en fait partie. Pour de belles, et de moins belles raison. C’est là que ce livre m’a touchée.

Sortez une copie double grand format, grands carreaux, perforée, et écrivez dans la marge vos nom, prénom, classe. Puis à six carreaux exactement du bord de la première ligne, la date du jour, que vous soulignerez en rouge, proprement. Deux lignes plus bas, la profession du père? En dessous, celle de la mère. Plus bas, le métier que vous envisagez de faire plus tard . Ca ne vous intéresse pas, au fond?

Qui n’a pas vécu ce grand moment de rentrée des classes?
Premier paragraphe, chapitre un, je me rend.
Je sais qu’Adèle Bréau a bel et bien poussé les portes de mes vestiges d’ados.

Back to the 90s

En dehors de la nostalgie heureuse de l’adolescence et de ma joie non feinte de sourire aux multiples clins d’œil d’Adèle Bréau sur des anecdotes des 90’s, j’ai été surprise, touchée par la vie de cette adolescente aux parents qui se déchirent.

La vie de Caroline ? C’est un peu la mienne. Et par quelques lignes l’auteure a su mettre des mots sur mon vécu et ses souvenirs enfuis. Eh oui. .. Rien que cela. Sauf qu’évidemment je ne m’attendait pas à revivre aussi fort et vifs ces instants de doute, d’impuissance et de colère face à ceux qui étaient encore quelques années auparavant le centre de mon monde.

… Sur d’autres (photos), on ouvrait nos cadeaux de Noël, habillés comme c’est pas permis, moi en col Claudine et avec des élastiques à petites boules au bout des nattes. Certes, on était vraiment ploucs mais on avait l’air heureux à cette époque. Il y avait vraiment un truc qui avait mal tourné. Est-ce que la vision d’enfant déforme la réalité? Parce que, maintenant que j’avais mûri, je me rendais compte de beaucoup de choses. Je ne crois pas, non ; il suffisait de regarder les photos. Même les adultes étaient souriants en ce temps-là. Même papa.

Adolescence : je t’aime moi non plus

L’adolescence, c’est aussi et avant tout les premiers émois amoureux, l’incertitude entre ce qu’on ressent et ce qu’on sait exagéré. Ce sont des aller-retour entre le monde de l’enfance et l’âge adulte. Et cette charnière est admirablement dépeinte par Adèle Bréau.
Au fil de ma lecture, je me suis fait surprendre par ma mémoire volontairement défaillante en ré imaginant les vestes Chevignon, le 7up, les émissions de variété du Samedi soir … Ces petits gestes du quotidien bien sûr oubliés mais qui resurgissent dans les moments les plus inattendus. Ce roman, c’est ma madeleine de Proust. Parce que je suis quelqu’un de nostalgique peut-être mais pas seulement.

Je vous recommande vivement cette lecture qui a non seulement tous les talents pour vous faire voyager dans les années 90 mais surtout pour le brio avec lequel son auteure transpose en lettres les émotions si délicates et fortes que dégagent ce roman.

Merci à NetGalleyFrance et aux éditions Lattès pour m’avoir permis de découvrir cette auteure de grand talent. Merci également à Adèle Bréau pour ces souvenirs que je croyais enfuis mais qui finalement ne demandaient qu’un mot de passe pour ressurgir.
Je reste sans voix par la manière dont vous avez réussi à dépeindre les sentiments qui sont propres et si spécifiques à l’adolescence sans y être à proprement parler. Bravo !

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