Ubik fait partie des incontournables classiques de la science-fiction. Pour la petite histoire, Ubik est classé dans les 100 meilleurs romans par le magazine Time. En effet, on doit à Philip K. Dick de nombreux grands succès tels que Le Maître du haut-château, ou encore Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?  qui a inspiré le film Blade Runner.

J’avais depuis longtemps envie de découvrir ces classiques, et en même temps déjà tellement à lire… La proposition de le découvrir en livre audio m’a tout de suite emballée.

Parlant de format justement, quelle immersion !
J’ai profité du moment du coucher pour découvrir cet opus monumental, et je dois dire que j’attendais avec impatience le soir pour me replonger les yeux fermés dans cette aventure. La voix est chaude, expressive, et particulièrement bien adaptée au style du texte.
Les différents personnages sont très bien différenciés vocalement, c’est une caractéristiques d’autant plus importante qu’il y a une part importante de dialogues dans ce roman, et que l’humour cynique est parfois là pour pointer des caractéristiques politiques ou économiques clés dans le déroulement de l’histoire. 

C’est un texte assez long, en terme d’heures de lecture. C’est assez déroutant d’ailleurs car on ne voit pas sa progression comme dans un livre classique, et une heure d’écoute ne correspond parfois qu’a deux ou trois chapitres. Il y a des réflexes qu’il faut abandonner pour pouvoir profiter pleinement du format.

Comme je vous le disais, j’ai choisi d’écouter le soir. Je sais que certains profiteront des transports, ou même de séances de sport ou de vie quotidienne pour lancer ce livre audio. Je pense que certains genres se prêtent mieux à l’exercice que d’autres. Je pense par exemple aux livres pratiques. Personnellement j’ai beaucoup de mal à me concentrer, aussi bien en lecture qu’en écoute, et cela doit donc être une activité à part entière.

Voilà pour la partie technique.

Plongeons à présent dans l’histoire…

Dans la société futuriste de 1992, le monde est devenu intégralement capitaliste et les chefs d’entreprise sont omnipotents. Le magnat Stanton Mick cherche à lever des capitaux pour mettre au point un véhicule interplanétaire. Ray Hollis dirige une société de psis, des individus pourvus de facultés psychiques, tandis que Glen Runciter emploie des anti-psis pour contrer leurs intrusions mentales.

Dans Ubik, Philip K. Dick réunit tous les grands thèmes de la SF : la télépathie, le voyage dans le temps, la porosité entre le monde des vivants et celui des morts, et le développement des machines automatiques.

Joe Chip, spécialisé dans la traque des télépathes, est envoyé sur la Lune avec d’autres agents pour neutraliser une autre équipe qui pourrait nuire à leur intérêt. Ce voyage sera-t-il irréversible ?

Dans ce livre de science-fiction culte, Philip K. Dick peint avec verve et humour une société humaine à l’agonie, dominée par la technologie et le capitalisme, où le doute et la paranoïa sont les seules certitudes.

 

Je serais bien présomptueuse de juger l’œuvre du maître incontesté de la science-fiction sur ce titre seul. D’autant plus que je ne suis pas spécialisée dans ce genre littéraire.
Ceci dit, en effet c’est une plongée riche et complexe dans les thèmes majeurs de la SF qui nous est offert ici, dans un roman audio d’une durée d’un peu plus de huit heures.
Au départ légèrement déstabilisée par l’absence de contexte, je me suis très vite laissée guider dans l’univers qui parait encore aujourd’hui plutôt futuriste, même si certains points font souvent écho à notre vécu actuel. Je pense par exemple au fait que toute action quotidienne soit soumise à un paiement : ouvrir une porte, boire, répondre à un appel … Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec tous ces services « à la demande » et leurs dérives.
Il abordera bien évidemment la situation du manque d’argent, ou de l’opulence, dans de grandes contradictions qui sont vécues par des personnages plutot résilients, et avec une bonne dose d’humour. Car oui, l’humour est bien représenté, certaines situations sont d’ailleurs complètement ubuesques et permettent d’alléger un récit chargé de thématiques dures.

Dans ce roman d’anticipation, nous vivons donc dans une société futuriste, ultra consumériste, ou les chefs d’entreprises ont pris la place des dirigeants. (Wait… Ca me parle ca? Non?). Philip K. Dick joue également avec notre psychisme comme avec celui de ces personnages, piquant notre empathie au vif.
D’aucuns lui reprocheront la prise de substances illicites, apportant à ses romans des univers complètement barrés et une écriture complexe à suivre, cela serait mentir que de dire que cela se lit tranquillement. Mais c’est aussi l’intérêt de lire cet auteur.

J’ai beaucoup apprécié la dimension imaginaire du récit, me permettant grâce à ce titre une entrée dans la bibliographie de Philip K. Dick par une de ses plus grandes portes.
Cela m’a donné envie de découvrir d’autres œuvres majeures de la science-fiction, que ce soit de lui ou d’autres grands auteurs.

Par ailleurs, je suis de plus en plus attirée par la collection Albin Michel Imaginaire, que j’aimerais pouvoir parcourir avec plus d’attention.

Quels sont vos monuments de science-fiction?

J’adresse mes plus vifs remerciements à Audiolib et NetGalley pour m’avoir permis cette double découverte. Un auteur de talent et une alternative audio très convaincante ! 

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