Ou comment se faire cueillir dès les premiers mots…

La bruine sucrait les nuages à l’envers. Sans s’arrêter.

Sous la plume de Mathias Malzieu, même la plus désagréable des sensations est pulvérisée en une phrase. J ai le goût du sucre doux sur les lèvres et je m en fiche qu’il pleuve !

Vous avez le mot de passe?

– Mathias Malzieu !

J’ai tourné la première page et avec elle le décor de ma vie réelle pour plonger à bras ouverts dans l’univers fantasmagorique du Paris de Gaspard et son Flowerburger.

Comme toujours dans les romans du Sieur Malzieu, il y a plusieurs niveau de lecture. Le premier, naïf, enfantin et rêveur. Et puis l’autre, celui dont on garde le parfum encore longtemps après avoir fini l’histoire, le philosophique, celui qui donne à penser sur notre vie d’humain.

Le mélange de ces deux niveaux de lecture vous étreint et vous emporte dans son monde comme les hommes à l’appel du chant des sirènes. Comme Gaspard, à quelques détails près (que je me garderai bien de vous dévoiler).

Surprisier : ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde – du moins le leur : ce qui constitue un excellent début.

En entrant dans le bateau-restaurant le Flowerburger, on rencontre Gaspard, dernier membre des Surprisiers. Hérité de sa grand-mère, ce rafiot n’a plus de populaire que la trace qu’elle a laissé en lui par son absence. Nostalgique, c’est en ces murs qu’il persiste à faire vivre la mémoire de tous ceux qui y sont passés.

Et puis il y a Lula.

Lula c’est l’amour UN. Celui qui déchire quand on est séparé. Celui qui fait qu’on respire mieux à quatre poumons qu’à deux. Celui qui vibre. Celui qui danse et qui ensorcelle. Et pour Elle Gaspard tentera l’impossible. Et si pour qu’elle vive il doit plonger dans les abîmes alors qu’il en soit ainsi.

Je pense qu’il est inutile de vous dire à quel point j’ai aimé ce livre. Vous en raconter la trame ne vous apporterait pas de raison supplémentaire de le lire. C’est comme si je vous raconte la plus belle des histoires d’amour, elle ne ferait que pâle figure à côté de celle que vous pourriez vivre par vous-même.

Depuis toujours il voyait ce qu’il croyait, plutôt que de croire ce qu’il voyait.

Cette phrase à elle seule reflète l’esprit du livre. Faites du monde qui apparaît sous vos yeux une réalité, votre réalité. Réalisez vos rêves, croyez en eux. La plus belle des âmes se reflète dans chaque regard qu’on veut bien lui donner.

Alors vivez ! Et lisez la surtout !

J’ai été transportée de bout en bout, et jusqu’aux dernières lignes le voyage fut magnifique. J’imaginais la dernière scène en plan étendu, sur une mer calme, à l aube avec un petit vent doux et le monologue en voix-off :

Bon vent Mathias Malzieu, mais revenez vite !

Une fois le livre refermé, j’ai comme une sensation de grand vide et de manque. Je suis triste de l’avoir fini mais aussi tellement heureuse d’avoir partagé cette aventure. Je n’ai pas eu envie d’entamer une autre lecture tout de suite. J’avais encore envie de garder Gaspard et Lula avec moi.

[…] partir pour se retrouver. S’inventer de nouveaux souvenirs. Se donner les moyens d’être surpris. Imaginer et travailler dur pour réduire l’écart entre rêve et réalité. Souder. Se souder. Résister. Tenir. Soutenir. Résister. Ne plus se contenter de regarder, apprendre à voir. Trouver. Se retrouver. Se perdre. Perdre. Donner. Recommencer…

Merci Monsieur Malzieu pour ce rêve éveillé et pour votre talent de Surprisier Littéraire!

Votre cousine télépathique,

SerialReadeuZ

14 pensées sur “Une sirène à Paris, Mathias Malzieu”

    1. Merci ! Plus je craque pour un livre plus j’ai du mal à en faire la chronique ! Tu va te régaler avec Le Mathias auteur, et je serai impatiente de lire ton avis mais si tu aimes le personnage ti va accrocher c’est obligé

  1. Je suis une très grande fan de MALZIEU. Depuis des années, dès qu’il sort un ouvrage, mon rituel est de l’acheter le jour-même. C’est pour te dire mon affection pour son écriture et mon impatience. Celui-ci n’a donc pas dérogé au rituel. Et j’ai été un peu déçue de ma lecture. Tout était prometteur pourtant: l’idée de la Sirène était poétique à souhait. Mais j’ai trouvé que ce roman manquait de pages, j’aurai voulu voir l’histoire d’amour se créer avec douceur, poésie, lenteur, comme toutes les autres histoires qu’il a pu écrire aujourd’hui.
    C’est pas grave. J’aime Malzieu même avec ses déceptions. Hâte de lire le prochain quand même.

    1. Je comprend ta déception. Je partage un peu ton sentiment dans le sens où (ca fait tjs ca quand je le lis) j’aurais eu envie d’en lire encore. Je n’ai jamais assez de M.M 🙂 vite le prochain donc !
      Quel était ton titre préféré?

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